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Mieux tracer l’inflammation des neurones pour soigner la maladie de Parkinson


Les chercheurs des instituts Jacob et Joliot du CEA ont amélioré le suivi de l’inflammation des neurones chez les malades parkinsoniens avec l’imagerie TEP grâce à l’utilisation d’une molécule, le [18F]-DPA714. Ce radiotraceur pourra être utile pour l'évaluation de médicaments anti-inflammatoires spécifiques à cette maladie et pour suivre le processus inflammatoire dans d’autres pathologies neurodégénératives.

Publié le 25 février 2021
La maladie de Parkinson résulte d’une diminution de production de la dopamine, une molécule qui assure la transmission des messages de neurones d’une zone spécifique du cerveau appelée la substance noire vers des neurones du cortex frontal ou du putamen impliqués dans le contrôle des mouvements. De plus en plus d’indices montrent que cette maladie est associée à une réponse inflammatoire dans le cerveau, ou neuroinflammation. Cependant, plusieurs questions restent en suspens comme la localisation précise de la neuroinflammation chez ces malades ou la relation entre la diminution de production de dopamine et la réponse neuroinflammatoire.

La neuroinflammation peut être visualisée par imagerie tomographique à émission de positons (TEP). Cette technique d'imagerie permet de suivre l'activité fonctionnelle des neurones et autres types cellulaires grâce à des molécules légèrement radioactives, les radiotraceurs. Parmi les différents radiotraceurs disponibles, il en est un, le [18F]-DPA714, qui se fixe spécifiquement sur une protéine produite en grande quantité lors de la réponse inflammatoire des cellules, la TSPO. Cette affinité particulière fait de [18F]-DPA714 un radiotraceur de choix pour suivre la neuroinflammation. 

Les chercheurs ont utilisé l’imagerie cérébrale TEP avec ce traceur pour étudier la réponse neuroinflammatoire d'une cohorte de 25 patients parkinsoniens à différents stades de la maladie. Les résultats ont montré chez ces patients une augmentation significative de la fixation du [18F]-DPA714 dans la substance noire où les neurones producteurs de dopamine dégénèrent, et dans les régions principales vers lesquelles les messages portés par la dopamine sont envoyés, comme le putamen et le cortex frontal.
La détection d’une neuroinflammation plus intense dans ces régions particulièrement atteintes par la maladie confirme ce que d'autres équipes ont déjà observé avec d'autres traceurs de la TSPO et sur des cohortes de patients de moindre ampleur. 

En permettant une visualisation fine et précise de l'augmentation de la réponse neuroinflammatoire dans le cerveau de Parkinsoniens, le [18F]-DPA714 s’annonce comme un outil prometteur d'évaluation de médicaments anti-inflammatoires pour cette maladie mais également comme un outil précieux pour suivre la neuroinflammation dans d’autres pathologies neurodégénératives.

Augmentation de la neuroinflammation dans la substance noire chez un patient atteint de la maladie de Parkinson par rapport à un sujet sain : A : IRM représentative montrant la délimitation faite au niveau de la substance noire (droite et gauche) pour analyser la fixation du [18F]-DPA714 dans cette région. B : sur le même plan de coupe, superposition de l’IRM et de l’image TEP [18F]-DPA714 chez un sujet sain. On voit dans la région de la substance noire bilatérale qu’il y a très peu de fixation du radiotraceur. C : Chez un sujet atteint de la maladie de Parkinson représentatif de l’étude, la fixation du traceur est augmentée du côté le plus atteint, c’est-à-dire du côté opposé à celui présentant les symptômes cliniques chez le patient. © Sonia Lavisse/CEA-Jacob/LMN/MIRCen





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