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Un grand réservoir de carbone sur les continents pendant l’âge de glace


​Une étude coordonnée par un groupe de chercheurs du LSCE (CEA-CNRS-UVSQ) a mis en évidence l’existence probable d’un grand réservoir de carbone continental, contenu dans les sols gelés et jusque-là sous-estimé. Lors des périodes de déglaciation, la décomposition de ce carbone a sans doute contribué de manière significative à l’augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique.

Publié le 20 décembre 2011

​Lorsque la Terre sort de son « âge de glace », tous les 100 000 ans environ, la teneur en CO2 atmosphérique augmente. Le mécanisme à l’origine de ce signal reste une des grandes énigmes des liens entre climat et cycle du carbone. Il semble que l’océan profond, qui contient beaucoup de CO2 dissous au paroxysme des périodes glaciaires, se remette en mouvement et perde son CO2 pendant la déglaciation. Une partie de ce CO2 est absorbée par la végétation sur les continents qui se réchauffent ; le reste s’accumule dans l’atmosphère. Ce phénomène explique une bonne partie des variations observées dans les enregistrements obtenus grâce aux carottages des calottes de glace. Cependant, les simulations effectuées par les océanographes avec leurs modèles ne rendent compte que des deux tiers de l’augmentation du CO2 atmosphérique lors des déglaciations.

Avec des données isotopiques, les auteurs de l’étude montrent que les écosystèmes continentaux étaient peu productifs en période glaciaire, la photosynthèse étant alors plus faible que pour la période actuelle. Ils mettent en évidence l’existence probable d’un important réservoir de carbone contenu dans les sols gelés qui a pu, lors du réchauffement, libérer son carbone via la décomposition des sols. Ainsi, même si le carbone océanique reste l’acteur majeur des changements de teneur en CO2 atmosphérique entre les périodes glaciaire et interglaciaire, le carbone des continents joue peut-être un rôle qui avait été sous-estimé.

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