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Résultat scientifique | Climat

La gestion forestière ne contribue pas toujours à atténuer le changement climatique


​Une équipe internationale de chercheurs, impliquant le LSCE, a démontré que 250 ans de reboisement et de gestion forestière en Europe n’ont pas diminué le réchauffement climatique comme on pouvait s’y attendre. Leurs résultats ont été publiés aujourd'hui, 5 février, dans le journal scientifique Science.

Publié le 4 février 2016
L'équipe de recherche a reconstitué 250 ans d'usages des terres en Europe et a adapté un modèle informatique pour calculer les quantités de carbone, d'énergie et d'eau absorbées et libérées par les forêts, selon leur gestion. Elle a ainsi pu analyser les effets du reboisement et de la gestion forestière historiques sur le bilan carbone et le climat contemporains.

Or, le reboisement et la gestion forestière sont des stratégies clés pour l'atténuation du changement climatique dans l'accord de Paris, signé dans le cadre de la convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique. On attend du reboisement et de la gestion forestière qu'ils ralentissent le changement climatique en augmentant la capacité d’absorption du CO2 atmosphérique par les forêts. 

Selon la nouvelle étude, l’a​ugmentation considérable de la superficie forestière et le développement d'une gestion forestière orientée vers la production de bois depuis 1750 n’ont pas fait diminuer la quantité de CO2 atmosphérique. En exploitanst les forêts, les hommes ont libéré du carbone dans l'atmosphère qui, sans son intervention, serait resté dans la biomasse, la litière, le bois mort et le sol de la forêt. Kim Naudts, auteur principal de l’étude, explique : "Même les forêts bien gérées stockent aujourd'hui moins de carbone que leurs équivalents naturels en 1750".

Outre la récolte de bois, l'amorce d'une gestion forestière orientée vers la production a conduit à une conversion massive de forêts feuillues en forêts de conifères, qui sont les essences les plus rentables. Cette évolution a modifié les échanges d'eau et d'énergie avec l'atmosphère, ce qui a eu pour effet de renforcer le réchauffement climatique plutôt que de le limiter. Kim Naudts conclut : "Nos résultats montrent que, jusqu’à aujourd’hui, la gestion forestière n’a pas permis d’atténuer le changement climatique. La question clé est maintenant : est-il possible d'élaborer une stratégie de gestion forestière qui refroidisse le climat tout en permettant le maintien de la production de bois et des autres services écosystémiques ?"

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