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Manger moins permet de vivre plus longtemps ?


Une étude à laquelle l'Institut François-Jacob a participé montre qu'une restriction calorique augmente fortement la longévité chez un petit primate, le microcèbe.

Publié le 4 avril 2018
L'effet positif d'une restriction calorique sur les pathologies liées au vieillissement chez les mammifères, et notamment les primates, est un sujet controversé.Le microcèbe est un lémurien qui a une durée de vie d'une douzaine d’années, ce qui en fait un très bon modèle d’étude du vieillissement. De plus, il partage de nombreuses similitudes physiologiques avec l’Homme.

Une étude de dix ans pilotée par le CNRS et le Muséeum d'histoire naturelle, à laquelle a participé, entre autres, l'Institut François-Jacob, montre que l'effet bénéfique déjà démontré chez des animaux à vie courte (ver, mouche, souris) l'est aussi pour le microcèbe.

 es scientifiques ont ainsi exposé un groupe de microcèbes à une restriction calorique chronique modérée (30% de calories en moins que leurs congénères sous ration alimentaire normale) depuis l’âge adulte et pendant toute leur vie (cohorte Restrikal, voir visuels ci-dessous). Puis, ils ont considéré leurs données de survie ainsi que les éventuelles altérations liées à l'âge. Premier résultat après 10 ans d’expérience : comparativement aux animaux contrôles, ceux sous restriction calorique présentent une durée de vie augmentée de près de 50%. Plus précisément, leur survie médiane est de 9,6 ans (contre 6,4 ans pour les lémuriens contrôles). Et pour la première fois chez un primate, les scientifiques ont observé que la longévité maximale était augmentée : plus d’un tiers des animaux restreints sont encore vivants lors de la mort du dernier animal contrôle à 11,3 ans.

Cet effet bénéfique s'accompagne notamment d'une préservation des capacités motrices, sans modification des performances cognitives, et d’une réduction de l'incidence de pathologies habituellement associées au vieillissement comme le cancer ou le diabète. Les lémuriens sous restriction calorique présentent les caractéristiques morphologiques d’un animal plus jeune. Par ailleurs, les données d’imagerie cérébrale pour ces animaux à un âge très avancé montrent une légère perte de matière grise (corps cellulaires des neurones) que les chercheurs n’expliquent pas encore, ainsi qu’un ralentissement notoire de l’atrophie de la matière blanche (ensemble des fibres des neurones connectant les différentes aires du cerveau).

Ces résultats indiquent que la restriction calorique chronique s’avère actuellement le moyen le plus efficace pour allonger la durée de vie maximale et retarder le processus de vieillissement chez un primate non humain. Prochaine étape pour les scientifiques : associer la restriction calorique chronique à un autre paramètre d’étude, comme l’exercice physique, afin de tenter de repousser encore plus loin les limites de la longévité.

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